Virginia Woolf, la révolution moderniste

Virginia Woolf, jeune et séduisanteAdeline Virginia Stephen est née à Londres en 1882 dans une famille aisée appartenant aux hautes sphères intellectuelles de l’époque. Son éducation suit la tradition victorienne : Virginia lit très tôt les grands classiques, et les œuvres majeures de la littérature anglo-saxonne. Mais tout bascule très vite. Sa mère décède en 1895, alors qu’elle n’a que 13 ans. Puis, Stella, sa demi-sœur, meurt deux ans plus tard. Virginia est profondément meurtrie, et subit sa première dépression, qui sera suivie par de nombreuses autres : en 1904, son père décède à son tour, et Virginia doit être internée pendant une brève période. Elle révèlera par la suite qu’elle avait été victime, tout au long de son enfance, d’attouchements de la part de ses deux demi-frères. Cette enfance dramatique l’affectera toute sa vie. Virginia Woolf sera toujours très instable d’un point de vue émotionnel.

Ses études brillantes aux King’s College de Cambridge et de Londres lui permettent de se constituer un cercle d’amis intellectuels, le Bloomsbury Group, où elle rencontre Leonard Woolf,  qu’elle épousera en 1912.

Virginia, pourtant très liée à son mari, commence à avoir une relation avec Vita Sackville-West, une romancière du Bloombsbury Group, qui milite pour une grande ouverture sexuelle. Leur relation durera jusqu’en 1920, mais les deux femmes resteront très liées jusqu’à la mort de Virginia.

Virginia WoolfVirginia Woolf est au XXe siècle ce que Shakespeare a été pour le XVIe : une figure littéraire majeure, une grande innovatrice. Elle est considérée comme une des romancières modernistes les talentueuses. A la manière de Joyce ou de Proust, elle s’intéresse à la psychologie et aux émotions de personnages, à leurs réflexions qu’elle retranscrit grâce à un procédé original appelé le “flow of consciousness” (littéralement, “le flux de la conscience”) : les pensées sont livrées sans ponctuation, et c’est au lecteur de ne plus être passif et de reconstruire le sens à partir de toutes les associations d’idées. Virginia Woolf fait ici preuve d’un grand souci de réalisme, et cherche à contourner les conventions de la langue pour décrire des choses qui sont, par essence, impossibles à coucher sur le papier.

Ses œuvres les plus connues sont Mrs Dalloway, Vers le phare, et Les vagues.

Virginia Woolf se suicide le 28 mars 1941, après avoir terminé son dernier roman, Entre les actes. Les raisons qui expliquent son suicide sont nombreuses  : les bombardements nazis sur Londres et aussi sa fragilité  psychologique. Dans le mot laissé à son mari, celle-ci fait part de sa peur de devenir folle, de gâcher la vie de l’homme qu’elle aime tant, et, surtout, de ne plus être capable de lire et d’écrire.

A la fin du XXe siècles, des critiques se sont intéressés à la dimension homosexuelle de ses livres, preuve ultime que Virginia Woolf est, au delà de son art littéraire, Virginia est devenue une icône majeure, aux côtés, par exemple, d’Oscar Wilde. Elle apparaît d’ailleurs ces temps-ci dans la magnifique  exposition “Gay Icons” de la National Portrait Gallery, à Londres.

Vers le phare, un classique incontournableGays Icons, livre d'exposition de la National Portrait GalleryUne biographie pertinente de l'auteur