Niki de Saint-Phalle et ses “nanas”

Niki de Saint-Phalle

Niki de Saint-Phalle

Niki de Saint-Phalle, ou plutôt Marie-Agnès Fal de Saint-Phalle nait à Neuilly-sur-Seine en 1930, dans une famille bourgeoise. Elle supporte très mal les mœurs traditionnelles selon lesquelles elle grandit. Après un revers de fortune, les Saint-Phalle déménagent aux Etats-Unis, où la petite, qui se fait désormais appeler Niki, enchaîne les écoles religieuses mais se fait renvoyer à chaque fois: tout d’abord parce qu’elle semble trop turbulente, mais ensuite parce qu’elle repeint en rouge les feuilles de vigne couvrant les statues grecques de l’école. Elle poursuit tout de même ses études, tout en étant mannequin de mode pendant deux petites années pour Vogue, entre autres.

Dès sa majorité, elle s’enfuit avec Henry Mathews, devenu son mari. Niki de Saint-Phalle finit par céder à sa mère et accepte de se marier aussi religieusement, après coup. Le couple s’installe dans le Massachusetts, et c’est pendant cette période que Niki de Saint-Phalle se lance dans la peinture, en autodidacte.
Ses premières œuvres sont déjà guidées par la réflexion qu’elle mène sur le rôle de la femme dans notre société. Elle-même ayant toujours refusé de se conformer à l’idée traditionnelle de la « femme au foyer », dans une société bourgeoise, elle se rend compte qu’après la naissance de ses deux enfants, elle se conforme exactement au modèle social qu’elle a toujours voulu éviter.
Après un déménagement en France et une grosse dépression nerveuse, Niki de Saint-Phalle décide, encouragée par ses psychiatres, de se consacrer sa vie professionnelle entièrement à la peinture.
La famille visite l’Europe, notamment Barcelone, qui marque un tournant artistique pour Niki de Saint-Phalle. Elle est profondément touchée par le travail de Gaudí et décide elle aussi de lier son art aux jardins, à l’extérieur.
Après quelques mois sur la côte d’azur puis les Alpes, la famille retourne à Paris. Niki de Saint-Phalle ne cesse de visiter les musées parisiens. Son mari et elle s’intègrent tout à fait dans la société artistique parisienne, en rencontrant aussi bien des écrivains américains que Jean Tanguely, artiste français.

Niki de Saint-Phalle la sculptrice

Niki de Saint-Phalle

Niki de Saint-Phalle

Quelques mois plus tard, le couple bat de l’œil et Niki de Saint-Phalle s’installe avec Jean Tanguely, qui devient son nouveau mari. Elle produit ses premières sculptures et commence peu à peu à se faire un nom.
Elle organise, dans son atelier, des activités ludiques qui témoignent encore une fois de sa spontanéité artistique: le principe est d’éclabousser des planches de plâtre avec un tir de cartouches de peinture. C’est un geste cathartique pour Niki, qui se libère ainsi de ses démons et de l’emprise de son père incestueux.
C’est en 1965 que Niki de Saint-Phalle crée la première de ses fameuses « nanas ». Inspirée par une de son amie enceinte, elle coud une femme haute en couleur. Elle produit de plus en plus de ces poupées géantes, en papier à mâcher, en plâtre, en polyester… afin les exposer sur des parvis ou encore des marchés. Souffrante, à cause de l’inhalation excessive des poussières de polyester, elle continue cependant à ce consacrer à son grand projet, « Le Jardin des Tarots », s’inspirant du Parc Güell, et où des sculptures parsèment le grand jardin toscan, sur le thème ésotérique du tarot… Niki de Saint-Phalle est prolifique jusqu’à sa mort, en 2002, et laisse de magnifiques sculptures visibles aux yeux de tous, notamment devant le Centre Pompidou, à Paris. Son œuvre est spontanée, originale et colorée, mais est également marquée par sa vision plutôt sombre du poids de la sociét.  Niki de Saint-Phalle nous manquera.

Niki de Saint-Phalle

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