Mary Stuart, reine des Écossais

Mary Stuart est, parait-il, la “Marie” qui a fait le plus couler d’encre et à qui on a consacré le plus d’ouvrages, même devant la Vierge Marie! Il est compréhensible que la vie de Mary Stuart, fascinante et tragique, ait pu attirer un aussi grand nombre d’historiens et de romanciers, ou même de néophytes comme moi.

Mary Stuart

Mary Stuart

Mary Stuart, d’ascendance française par sa mère et écossaise par son père, naît en 1542. Sa naissance fait la joie de sa mère, qui a déjà perdu deux de ses fils. En revanche, son père, le roi d’Écosse Jacques V est connu pour avoir accueilli la naissance de sa fille avec cette phrase célèbre : “It came with a lass, it will pass with a lass!” (“[Le royaume d'Écosse] est venu avec une fille, il s’en ira avec une fille“). Six jours après, le roi meurt, laissant à la petite Mary Stuart son trône…

Dans ce climat de guerre entre l’Écosse et l’Angleterre, mais aussi entre l’Angleterre et la France, les deux pays ayant le même ennemi se sont rapprochés naturellement. Les manipulations politiques ne faisaient que commencer: après que Mary Stuart ait servi de prétexte à l’Angleterre et l’Écosse pour s’allier, elle en est finalement un obstacle. Sa mère, régente, préfère la marier avec François, dauphin de France, afin de côtoyer au plus près le pouvoir. Les fiançailles avec François (fils de d’Henry II et de Catherine de Médicis) furent acceptée à certaines conditions : que Mary Stuart soit immédiatement séparée de sa mère (qui devait continuer la régence en Écosse) et envoyée en France, mais également que les français puissent occuper des forteresses stratégiques en Écosse…

Déjà de bonne constitution et bien éduquée, Mary Stuart devient presque savante en France : elle se passionne pour la poésie française, les maniement des chiffres, de la religion catholique et l’étude en latin des plus grands philosophes. Elle est très coquette et se veut toujours à la mode : sa collection de bijoux et de robes demeure fabuleuse. Mary Stuart revendique dès alors la couronne d’Angleterre qui devrait lui revenir de droit. Effectivement, la prétendante à la couronne d’Angleterre, Marie “La Sanglante” Tudor est considérée comme la dernière descendante vivante à Henri VIII. Cependant, Élisabeth, sa fille, illégitime pour les catholiques (le pape n’ayant jamais reconnu le divorce de Henry VIII avec sa première femme, et donc son second mariage avec la mère d’Élisabeth) ne l’entend pas de la même façon : c’est elle qui montera sur le trône, laissant Mary Stuart de côté.

Mary Stuart en France

Mary Stuart

Mary Stuart

Bien que mariée à François, Mary Stuart ne demeurera pas Reine de France pendant très longtemps puisque ce dernier meurt très rapidement de maladie. Dès que son deuil est achevé, Mary Stuart retourne en Écosse, où elle est un peu déboussolée par des mœurs qu’elle ne connait plus. Fervente catholique, Mary Stuart est pourtant très proche de Jacques, son demi-frère protestant et très actif politiquement. Elle se marie très rapidement, avec son cousin germain, Henry Stuart, qui, faible et manipulé, mène un complot pour assassiner le secrétaire privé de Mary devant ses yeux afin, entre autres, de provoquer un avortement (Mary était à la fin de sa première grossesse). Mary commence à fréquenter le Comte de Bothwell, peu avant la mort de son mari, Henry Stuart, retrouvé étranglé. L’opinion public de l’époque montre souvent le Comte du doigt, et l’accuse d’être le meurtrier de Henry Stuart… Mary ne fait rien pour contredire cette rumeur, pire, elle la nourrit en épousant aussitôt le Comte de Bothwell (officiellement sous la menace.) Pour calmer le jeu, Mary Stuart est arrêtée et enfermée pendant un an par des nobles de la Cour. Enceinte, elle y perd des jumeaux, et abdique également en faveur de son fils d’un an.

Pleine de ressource, Mary Stuart s’enfuit de sa prison avec une petite armée pour se réfugier en Angleterre, mais Élisabeth avait déjà eu vent des derniers événements ayant eu lieu cour d’Écosse. Élisabeth souhaitait cependant se montrer clémente dans un premier temps et n’ordonna pas son exécution. Elle la fit enfermer pendant 18 ans dans une prison dorée, avant de finalement prendre la décision de l’exécuter, les rumeurs concernant son renversement n’en finissant jamais. L’on dit d’ailleurs que ces rumeurs auraient été lancées par des ennemis de Mary Stuart, la voulant enfin exécutée une bonne fois pour toute. Jusqu’à sa mort, la vie de Mary a été tragique : à moitié nue et aux yeux de tous, son exécution par un bourreau ivre, qui n’est pas parvenu à l’achever du premier coup de hache, reste dans les mémoires.

Mary Stuart est aujourd’hui une figure historique largement étudiée par les artistes romantiques et fascine toujours autant…