Isabel Allende, un voyage sud-américain…

Née au Pérou et de nationalité chilienne, Isabel Allende nous donne déjà un air d’exotisme grâce à son état civil…

Isabel est la nièce (au second degré, mais cela n’a guère d’importance dans les pays hispaniques) de Salvador Allende, président chilien déchu par le Général Augusto Pinochet, lors d’un coup d’état qui a fini dans un bain de sang. Ses livres auront d’ailleurs souvent comme toile de fond la dictature de Pinochet, qui a semé la terreur au Chili, pendant plus de 25 ans.

Isabel est une femme cultivée et au profil international : elle travaille pour les Nations Unies à Santiago du Chili et réside à plusieurs reprises en Europe, pendant de longues périodes. Elle connait très rapidement un succès médiatique et est définie au Chili comme “l’écrivaine féministe” , au début des années 70. Le coup d’état de 1973 va cependant changer la donne : Isabel Allende, comme tous les notables chiliens, court un danger très grand en restant au Chili. Elle parvient à fuir au Venezuela, pour échapper au sort qui lui est réservé en étant sur la “liste” de Pinochet… C’est à cette époque qu’elle commence à écrire de façon intensive, et à rencontrer les icônes de la littérature sud-américaine  : son interview de Pablo Neruda est restée dans les mémoires, c’est lui qui lui conseilla de commencer à écrire des romans, ayant “beaucoup trop d’imaginations pour rester journaliste”.

Isabel AllendeSon premier grand roman, “La casa de los espiritus” (La maison aux esprits, 1982) est un chef-d’oeuvre. Isabel préfère avant tout raconter des destins de femmes. Dans le cas de La Maison aux Esprits, elle relate l’histoire d’une chilienne résistante, qui se démène pour retrouver les “disparus” de sa famille (à noter : le régime Pinochet a fait “disparaître” plus de 3000 personnes et en a torturé plus de 35 000…). Elle dépeint magnifiquement le Chili de l’époque, et pas seulement d’un point de vue politique : son talent pour la description des paysages somptueux est une invitation au voyage…

Elle confirme avec “Les contes d’Eva Luna” (1989) et surtout “Fille du destin” (1999), où le personnage principal est une femme tentant l’aventure vers la Ruée vers l’or californien… Ses récits sont d’une justesse historique, politique, et géographique et sont évidemment très engagés, non pas dans un féminisme flamboyant mais dans une simplicité touchante.

Isabel Allende a souvent été récompensée pour son œuvre unique, et continue son travail, au nord de la Californie, où elle s’est installée.

Fille du destinLa maison aux espritsInès de mon âme, le dernier roman paru