Billie Holiday, l’âme du jazz américain

Billie Holiday

Billie Holiday

Elenaora (le vrai nom de Billie Holiday) n’a pas franchement une enfance de rêve. Même si elle s’inventera plus tard dans son autobiographie une enfance un peu plus lisse, la réalité est pourtant brutale: son père, joueur de jazz, ne la reconnaît jamais. Il parcourt les États-Unis pour jouer et Billie Holiday ne le connaîtra jamais réellement… Sa mère n’est pas bien présente non plus : chassée à 13 ans de ses parents, alors que Billie Holiday était enceinte d’Eleanora, elle passe dorénavant de longs séjours à New York pour, entre autres, gagner de l’argent en se prostituant. Pendant ces séjours, Eleanora est confiée à sa famille plus ou moins lointaine, à Baltimore.

Sa mère revient dans les environs et se marie très brièvement, mais Eleanora n’a pas plus de stabilité pendant les 10 premières années de sa vie, et le pire reste à venir… Désœuvrée, Eleanora est placée dans un institut catholique, après avoir commis quelques larcins. Sa mère vient l’y chercher 9 mois après. Cette dernière vient d’ouvrir un restaurant où elle travaille dur avec sa fille. Cependant, cette apparente période de stabilité présage le pire : alors que sa mère était sortie pendant toute la nuit, comme à l’accoutumée, Eleanora, qui n’a que 10 ans, se fait violer par un voisin. Il est arrêté, mais Elenaora doit retourner dans l’Institut catholique, où la vie n’est pas facile pour elle…

Sa mère la quitte encore pour Harlem. Pendant ce temps, Eleanora commence à écouter Louis Armstrong et Bessie Smith et à rechanter leurs morceaux… Sa mère l’invite à la rejoindre à New York… dans le bordel où elle a élu domicile. La jeune vie d’Eleanora, qui n’a même pas encore 14 ans est violente au quotidien, dans le Harlem de la prohibition : seulement quelques mois après son arrivée à Harlem, la police fait un raid dans le bordel et toutes les filles sont envoyées en prison. En sortant, Eleanora devient Billie.

Billie Holiday

Billie Holiday

Billie Holiday forme un petit groupe avec qui elle va jouer dans les clubs New Yorkais. Billie Holiday entre vraiment dans le monde de la musique et rencontre enfin son père. Extrêmement talentueuse, elle est immédiatement remarquée et signe un premier disque. Même si elle ne roule toujours pas sur l’or, Billie se nourrit de ses rencontres avec des musiciens comme Bobby Henderson, avec qui elle aura une brève liaison. C’est en 1935 que Billie Holiday connaît vraiment le succès populaire, elle n’a que 20 ans et devient déjà un grand nom du jazz. Billie Holiday enchaîne les rencontres et les aventures féminines comme masculines, et finit par se marier avec un junkie, avec qui Billie Holiday sombre dans la cocaïne. Sa dépression s’intensifie avec la mort de sa mère et elle est envoyée en prison pour possession de drogues. Jusqu’à la fin de sa vie, Billie, au sommet du succès, aura des jours tumultueux. Sa santé devient terrible, à la fin des années 50 : Billie Holiday souffre d’une cirrhose, d’une insuffisance rénale et d’une congestion pulmonaire mais cela ne l’empêche pas de continuer ses excès. Elle meurt en 1959 à l’hôpital, laissant derrière elle une bataille à propos des royalties de ses albums… Billie Holiday laisse derrière elle un héritage musical court mais intense : Billie Holiday a une voix unique, pas forcément la plus puissante ni la plus fiable, mais sûrement la plus électrisante et émouvante…