Aung San Suu Kyi, le symbole birman

Aung San Suu Kyi est la fille du Général Aung San, le leader de l’indépendance birmane.  Aung San Suu Kyi a à peine le temps de connaître son père, qui est assassiné par des ennemis de l’opposition seulement deux ans après sa naissance. Sa mère continue de porter l’héritage politique de son mari et s’engage de plus en plus, elle devient même ambassadrice de la Birmanie en Inde. Après des études en Birmanie puis en Inde, Suu Kyi déménage à Oxford, où elle suit de brillantes études supérieures de philosophie, de politique et d’économie. Ses études lui ouvrent la porte des Nations Unies, à New York, où elle travaille pendant trois ans. Elle y rencontre son mari, le Dr Michael Aris, passionné de culture tibétaine et établi au Bhoutan. De retour à Londres, Aung San Suu Kyi donne naissance à deux enfants alors qu’elle prépare son doctorat d’études orientales et africaines.

Aung San Suu Kyi

Aung San Suu Kyi

Dans les années 80, Aung San Suu Kyi partage sa vie entre Londres, l’Inde et la Birmanie. C’est en 1988 qu’elle revient s’installer en Birmanie de façon plus permanente, pour prendre soin de sa mère vieillissante. Le leader birman de l’époque perd de plus en plus de pouvoir au profit d’une nouvelle junte militaire. Peu avant la prise armée du pouvoir de cette dernière, Aung San Suu Kyi s’adresse à la population birmane et appelle au retour de la démocratie et de la liberté des peuples. Malheureusement, cela ne suffit pas pour faire cesser la violence et rien ne peut empêcher le coup d’état militaire sanglant qui menaçait. La répression commence, le bilan humain est catastrophique (on estime le nombre de morts à 10 000, au cours des moins de septembre et d’octobre 1988). Aung San Suu Kyi lance un appel à la solidarité internationale mais les États voisins à la Birmanie coupent tous liens avec le pays. L’Inde condamne le nouveau régime, ferme ses frontières communes et accueille les milliers de réfugiés politiques.

Aung San Suu Kyi, prix Nobel

En 1991, forte de sa reconnaissance internationale et de son Prix Nobel de la Paix, Aung San Suu Kyi continue le combat et participe à la fondation de la Ligue Nationale pour la Démocratie. Sous la pression de plus en plus virulente, la junte organise des élections que, Aung San Suu Kyi, alors à la tête du mouvement,  gagne très largement.  Mais… cela ne pouvait pas finir si simplement. La Junte annule les résultats de l’élection et place Suu Kyi en détention surveillée. Elle ne peut plus quitter son domicile pendant 5 ans. Pendant cette période, son mari est diagnostiqué d’un cancer mais, malgré les pressions internationales, le gouvernement birman ne lui accorde pas de visa de visite. Les deux époux ne pourront plus jamais se voir, jusqu’à la mort de M. Aris… Si Aung San Suu Kyi quitte le territoire birman, elle ne pourra jamais y revenir. Elle est libérée en 1995 mais ré-emprisonnée plusieurs fois en maison d’arrêt. Aung San Suu Kyi est replacée chez elle. Depuis 2005, sa peine est régulièrement reprolongée d’un an et la tentative de médiation lancée par les Nations Unies aboutie pas. Aujourd’hui, Aung San Suu Kyi est toujours prisonnière de sa maison et le peuple birman toujours opprimé par la Junte…  Depuis 2009, la pression internationale devient de plus en plus forte, en espérant que cette grande femme, figure incontournable de la lutte pour la démocratie retrouve bientôt la liberté.

Mise à jour du 13 mars 2014 : Aung San Suu Ky a été libérée un an après la rédaction de cet article